Les recettes des villes grimpent en flèche : les forfaits post-stationnement sont devenus un véritable jackpot

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Paris, le 09 octobre 2026 – 201,6 millions d’euros : c’est ce qu’a rapporté le forfait post-stationnement (FPS) à Paris en 2025, soit 2,33 % du budget de fonctionnement de la ville. La capitale illustre une tendance nationale : en nous plongeant dans les chiffres, nous avons découvert que le FPS censé réguler le stationnement sert en réalité de plus en plus de variable d’ajustement budgétaire.

Depuis 2018, les communes fixent librement le montant du FPS, remplaçant l’ancien PV de 17 euros. Les tarifs ont flambé : jusqu’à 75 euros à Paris dans les onze premiers arrondissements (50 euros ailleurs), et même 225 euros en zone 1 pour les véhicules lourds depuis octobre 2024. À Lyon il en coûte de 55 à 80 euros, comptez 110 euros à Yerres, 50 euros à Arras après une hausse de plus de 100 % début 2025, et jusqu’à 50 euros en zone rouge à Annecy. À Paris, cette envolée s’accompagne d’une extension continue des zones payantes et des plages horaires : Alors qu’elle n’encaissait « que » 60 millions d’euros au titre des FPS en 2018, avec plus de 201 millions d’euros perçus en 2025 la ville concentre à elle seule 41 % des recettes nationales de FPS (qui ont atteint 490 millions d’euros l’an passé). Comme le souligne d’ailleurs Auto Plus (qui, hasard du calendrier et preuve que le sujet prend de l’ampleur, publie sa quatrième édition du « Business du stationnement payant » dans son numéro en kiosque ce jour), Paris est la seule grande ville française dans laquelle le FPS rapporte aujourd’hui davantage que les horodateurs, toujours selon l’hebdomadaire (168 millions d’euros en 2025).

Tout comme Auto Plus, nous avons voulu en savoir plus sur les recettes des FPS, mais de notre côté, nous nous sommes concentrés en consultant les mêmes bases de données sur la dépendance des villes à ces recettes toujours plus conséquentes.

On le voit dans le Top 20 ci-dessous, les balances comptables 2025 de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) que nous avons attentivement épluchées confirment la dérive : le FPS pèse 1,94 % des recettes de fonctionnement* à Nantes (10,25 millions d’euros), 1,93 % à Lille (8,49 millions d’euros), 1,76 % à Angers et dépasse même 3 % à Palavas-les-Flots (3,21 %), Neuilly-sur-Seine (3,14 %) et Vincennes (3,05 %). En tête de notre classement avec 3,41 %, Bidart, petite ville du Pays basque, montre que le phénomène ne touche pas uniquement les grandes agglomérations. C’est clair : les FPS s’éloignent de l’outil de régulation du stationnement présenté au départ pour se muer en machines à cash, auxquels les villes sont désormais « addict ». D’ailleurs, à titre de comparaison, un foyer moyen français consacre 3,6 % de son budget à sa télécommunication et à internet, selon l’INSEE. Or, pourriez-vous vous priver de votre téléphone ou de votre accès au web ?

*Ces recettes regroupent les ressources qui financent l’activité courante de la commune et proviennent donc par exemple des impôts, des droits de mutation, des services municipaux, des loyers ou encore des redevances de stationnement et donc des FPS. Ratio utilisé pour notre tableau : recettes FPS / recettes de fonctionnement 2025. Le dénominateur privilégie les comptes exécutés consolidés Observatoire des finances et de la gestion publique locales / DGFiP. Un ratio de 3 % signifie que le produit FPS représente environ 3 € pour 100 € de recettes de fonctionnement de la commune. À noter que pour Mauguio (20e), le ratio a été calculé sur un budget 2025 voté/prévisionnel, non sur un compte exécuté. Une mise à jour pourra être établie si de nouvelles données sont publiées.

« À ce jour, 70 communes industrialisent le contrôle du stationnement payant grâce aux voitures LAPI (lecteur automatisé de plaques d’immatriculation), dont la capacité à commettre des erreurs est loin d’être nulle. La Ligue de Défense des Conducteurs recueille ainsi chaque semaine la détresse de plusieurs dizaines de ses sympathisants automobilistes qui croulent sous des FPS injustifiés et qui se heurtent au mur des procédures de contestation, que les municipalités construisent toujours plus haut », déplore Nathalie Troussard, Secrétaire générale de la Ligue de Défense des Conducteurs. Notre association, déjà consultée par deux fois par le Sénat sur le sujet, reste déterminée à dénoncer les abus, les injustices et la complexité des démarches liés au stationnement.

Pour en savoir plus : Alexandra Legendre – Responsable Pôle Études et Communication

06 37 85 26 06

alexandra.legendre@liguedesconducteurs.org

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