Le péage en flux libre, vous en avez forcément déjà entendu parler, ne serait-ce que par les articles que nous lui avons déjà consacrés pour dénoncer la complexité de ce dispositif, ou encore le déficit d’information dont certains usagers ont fait les frais. La LDC a contacté la SANEF, l’une des sociétés d’autoroute passée au flux libre sur une partie de son réseau, pour en savoir plus sur le traitement réservé aux conducteurs étourdis. Juste avant l’été, on fait aussi le point sur les arnaques potentielles.
Si à ce jour, le péage en flux libre reste encore limité en France à quelques autoroutes (voir plus bas), plusieurs concessionnaires l’exploitent déjà ou préparent son extension. Le principe est séduisant : fini les barrières de péage qui créent des bouchons lors des grandes transhumances, les conducteurs passent sans ralentir sous des portiques qui identifient automatiquement leur véhicule et facturent le passage au titulaire de la carte grise, ou débitent le compte du badge de télépéage, s’il y en a un à bord.
72 heures pour régulariser son passage
Mais tout ne se fait pas toujours sans friction. Si la voiture est déjà associée à un compte client et qu’un moyen de paiement est renseigné, pas de souci. Chaque passage donnera lieu automatiquement à un prélèvement. Idem si vous possédez un badge de télépéage : c’est ce dernier qui sert de sésame au passage de chaque portique. Mais prenez soin de bien le positionner : rangé dans un vide-poche, il y a un fort risque qu’il ne soit pas identifié et que le paiement ne se déclenche pas.
Si vous n’avez pas pris le temps de renseigner votre numéro d’immatriculation associé à un moyen de paiement en amont de votre passage, vous disposez alors de 72 heures pour régulariser votre situation en vous rendant sur le site de l’opérateur de l’autoroute. Pas envie de divulguer vos infos personnelles ou bancaires à un énième « partenaire commercial » ? Rendez-vous dans un des bureaux de tabac du réseau NIRIO où, avec un peu de chance, vous pourrez payer en espèces (sans garantie de réussite toutefois, voir notre article de 2025).
« Le taux de paiement spontané est de 95 % », affirme à la LDC Vincent Fanguet, le directeur des opérations de la SANEF. Ce dernier nous assure également que le paiement sans majoration est la généralité. Toutefois, « nous accordons un délai qu’on pourrait appeler « de bonne foi » de 15 jours pour les étourdis qui passent nos péages pour la première fois et qui ne se seraient pas préalablement inscrits sur le site. Et en cas de passages multiples, nous n’envoyons qu’un seul courrier, les autres sont retenus », ajoute-t-il. Comprenez donc que l’opérateur ne vous facturera que le montant du péage pour votre première incartade. Mais attention, en cas d’oubli prolongé ou de laxisme de votre part, l’addition grimpe vite. Les pénalités qui s’appliquent démarrent à 10 € si le paiement intervient rapidement après le premier avis (en cas de « récidive », donc). Elles passent à 90 € au-delà de 15 jours, puis se transforme en une amende forfaitaire de 375 € passé deux mois.
Des arnaques qui pullulent
La « bonne nouvelle » par rapport au premier article que nous avions consacré au flux libre en 2024, c’est que vous êtes de plus en plus nombreux à connaitre ce principe de paiement sans barrière de péage. N’empêche, cela peut continuer à surprendre… N’hésitez donc pas à informer vos proches si vous découvrez qu’ils ont l’intention d’emprunter l’une des autoroutes mentionnées ci-dessous.
Ce nouveau moyen de s’acquitter de son péage peut malheureusement engendrer une autre source de stress, sur laquelle surfent aujourd’hui de nombreux escrocs. Concrètement, ces bandits numériques envoient de faux mails de demande de régularisation de péage, en usurpant l’identité d’opérateurs de télépéage comme Ulys ou de sociétés d’autoroute. Les sommes réclamées sont généralement de quelques euros pour crédibiliser la démarche et pousser les usagers à payer rapidement.
Si la victime prend régulièrement l’autoroute, l’arnaque peut passer pour vraisemblable car certains de ces mails mentionnent jusqu’au nom de la personne, voire indiquent le modèle du véhicule et/ou son immatriculation. Des informations probablement issues de fuites de données… Un conducteur dans le doute aura alors tendance à cliquer sur le lien et régler sans vérifier pour éviter une amende.
Comment déjouer les arnaques
Même si ces arnaques sont bien ficelées, quelques astuces vous permettront de les débusquer. Pour commencer, sachez que seuls les opérateurs d’autoroutes en flux libre vous enverront une demande de paiement en cas d’oubli, c’est-à-dire à l’heure où nous rédigeons cet article :
- SANEF (www.sanef.com) pour les autoroutes A13, A14 et A4 (une seule sortie, la n° 36 à hauteur de Boulay, est concernée)
- Aliae (www.aliae.com) pour l’A79
Puis, plus tard :
- Atosca (www.atosca.fr) pour l’A69 qui ouvrira d’ici à la fin 2026
- ATMB (www.atmb.com) en 2027 pour le tunnel du Mont-Blanc
Bon à savoir : d’autres sociétés concessionnaires sont également candidates au flux libre à l’avenir. De toute façon, à terme, l’État français voudrait généraliser ce mode de paiement.
En attendant, pour éviter un piège éventuel ou en cas de simple doute, ne cliquez pas sur les liens et passez uniquement par les sites web ou applications mobiles officiels. En tout état de cause, les emails qui se prétendent émis par d’autres fournisseurs de badges de télépéage, par exemple Ulys ou Bip&Go, ou d’autoroute (APRR, SAPN, Cofiroute, etc.), sont donc a priori à écarter. Vous pouvez aussi vérifier l’adresse email de l’expéditeur, ainsi que celle du site web vers lequel pointe le lien vous invitant à payer.

