La contestation contre les Zones à Faibles Émissions franchit un nouveau cap. Près de 100 000 personnes ont signé notre pétition, exigeant du Gouvernement qu’il applique la suppression pure et simple de ce dispositif, entérinée par le Parlement. Cette vaste et rapide mobilisation nous permet aujourd’hui d’écrire aux députés pour leur demander de ne pas voter, le 14 avril, l’amendement gouvernemental autorisant les collectivités à instaurer une ZFE… malgré tout.
Cette mobilisation massive intervient donc alors que le gouvernement propose, par amendement, de déléguer aux métropoles la décision de mettre en place ou non des ZFE afin de contourner le vote des parlementaires qui ont adopté, eux, la suppression de cette mesure de restriction de circulation. Cette évolution, présentée comme un compromis, ne répond en réalité en rien aux préoccupations exprimées par les Français et constitue avant tout un déni de démocratie.
À travers notre pétition, les signataires expriment en effet un rejet sans ambiguïté d’un dispositif vécu comme socialement injuste, écologiquement inefficace et profondément discriminant.
Par ailleurs, confier aux métropoles la mise en œuvre des ZFE revient à institutionnaliser des inégalités territoriales, où chaque collectivité pourrait décider d’exclure ou non une partie de la population de ses routes, sans aucune cohérence nationale et toujours au détriment des Français les plus modestes. Lesquels pourraient être des millions à être touchés… À l’inverse de ce que le gouvernement aimerait nous faire croire, cette évolution ne constitue ni un recul, ni une solution acceptable, mais un simple transfert de responsabilité.
La Ligue de Défense des Conducteurs entend poursuivre sa mobilisation et appelle nos dirigeants politiques à entendre les Français. Pour cela, nous adressons aujourd’hui un courrier à l’ensemble des députés avec un objectif clair : leur demander en cohérence de maintenir leur position et de continuer à voter contre les ZFE, sous toutes leurs formes, comme ils l’ont déjà fait fin janvier dernier, y compris lorsqu’elles sont présentées comme « aménagées » ou « décentralisées ».
Notre association rappelle que la transition écologique ne peut pas se faire contre les Français, ni en excluant les budgets les plus contraints. Nous appelons à des solutions réalistes, équitables et acceptables socialement et nous ne nous laisserons pas berner par de fausses avancées ou des compromis qui n’en sont pas. Seule une décision est à la hauteur de l’enjeu et s’impose : l’abandon pur et simple des ZFE sur l’ensemble du territoire.
Vous n’avez pas encore signé notre pétition ? Faites-le en cliquant ici.
Ci-dessous, découvrez le message que nous avons adressé aux députés :
Madame la Députée, Monsieur le Député,
Les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de simplification de la vie économique vont être examinées le 14 avril prochain.
Pour contourner la décision de la CMP d’entériner la suppression des Zones à faibles émissions (ZFE) dans le cadre de ce projet de loi, le gouvernement propose de laisser le choix aux collectivités locales, via un amendement, d’instaurer ou pas une ZFE.
Cette manœuvre de « délégation », la Ligue de Défense des Conducteurs l’a déjà observée à plusieurs reprises (80 km/h, radars « urbains ») : elle consiste pour l’État à se défausser et à laisser la responsabilité de la mise en place de mesures impopulaires et hautement inflammables, qu’il a lui-même initiées, aux collectivités locales. Notre association déplore par ailleurs cette dilution de la compétence, qui dégrade la capacité des conducteurs à se défendre.
Mais surtout, avec son amendement, le gouvernement fait fi de la volonté parlementaire et du courage qu’il a fallu aux députés et sénateurs composant la CMP, malgré leurs sensibilités politiques parfois divergentes, pour confirmer la suppression des ZFE votée en séance plénière à l’Assemblée nationale. Suppression d’ailleurs majoritairement souhaitée par les Français, qui ont fermement exprimé leur opposition aux ZFE à de nombreuses reprises, dans le cadre de sondages, enquêtes d’opinion, pétitions…
Pour la Ligue de Défense des Conducteurs, cette volonté d’instaurer des ZFE demeure intolérable, qu’elle soit envisagée par l’État ou les collectivités locales. Sous couvert de santé publique, ce dispositif mal-né créera une France à deux vitesses : d’un côté, les citoyens qui conduisent la « bonne voiture » dont le pare-brise arbore la « bonne » vignette Crit’Air, de l’autre ceux qu’un budget trop contraint empêchera d’acquérir un véhicule moins polluant et qui se verront interdire le droit le plus fondamental de circuler librement. Ou, s’ils le font, ce sera au risque de se faire matraquer par des PV quotidiens à 68 euros.
Indignée par la manœuvre du gouvernement, notre association a lancé il y a quelques semaines une pétition intitulée « Supprimez les ZFE », déjà signée par près de 100 000 personnes qui attendent que la décision de la CMP soit respectée.
Madame la Députée, Monsieur le Député, gardez le cap : rejetez l’amendement du gouvernement visant à laisser « libre choix aux collectivités locales » pour l’instauration de ZFE !
Nous nous tenons à votre disposition pour tout information que vous pourriez souhaiter.
Nous vous remercions pour votre attention et vous prions d’agréer, Madame la Députée, Monsieur le Député, l’expression de notre considération distinguée.

