Aides à la conduite : exigeons un encadrement plus strict de ces nouvelles technologies qui commencent à faire peur

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Certains systèmes d’assistance avancées à la conduite, comme l’aide au freinage d’urgence ou la régulation automatique de la vitesse, engendrent actuellement peur et méfiance chez les sympathisants de la LDC. Trop de témoignages dénoncent leur ingérence au volant, au point de provoquer des accidents… Pour notre association, il est temps de passer à la vitesse supérieure et d’exiger plus, pour que ces aides interviennent uniquement au bénéfice des conducteurs. Signez notre pétition « Refusons d’être mis sous contrôle et mis en danger par notre voiture ! » !

Alors que de nombreux systèmes d’assistance avancées à la conduite (que l’on connait aussi sous le nom « ADAS », leur acronyme en anglais signifiant : « advanced driver-assistance systems ») ont été rendus obligatoires dans le cadre du nouveau règlement européen visant à améliorer la sécurité routière (GSR2), les témoignages sur leurs dysfonctionnements se multiplient.

Conçus pour éviter certains accidents, des dispositifs d’aide au freinage d’urgence, au maintien dans la voie ou à la régulation automatique de la vitesse, entre autres, peuvent en effet parfois réagir comme face à un danger qui, pourtant, n’existe pas.

Ces derniers mois, de nombreux témoignages ont occupé l’espace médiatique, à commencer par celui de Joanna Peyrache dont nous avons déjà abondamment parlé dans un article sur notre site. Pourtant, les réponses quasi systématiquement apportées par les constructeurs visent à davantage incriminer les conducteurs victimes de ces dysfonctionnements que leurs systèmes d’aide à la conduite.  

Il n’empêche. De nombreux experts et journalistes-essayeurs automobiles relèvent eux-mêmes des mises en défaut régulières de ces équipements, rencontrées sur des véhicules neufs et n’ayant donc subi aucun dommage susceptible d’avoir causé un défaut de leur calibration. Ainsi en témoigne Nicolas Meunier, du magazine Challenges, le 18 août dernier à propos des dizaines de véhicules testés chaque année par la rédaction : « quels que soient leur marque, leur origine et leur prix, tous sont victimes de déclenchements intempestifs de leur système de freinage autonome. »

Aucune marque ne semble donc devoir être épargnée, et c’est aussi ce que tendent à démontrer les résultats partiels d’une étude adressée aux médias automobiles français par l’Association des médias auto et moto, à laquelle la LDC a eu accès. Que la voiture soit chinoise, allemande, française ou américaine, toutes les marques sont concernées par des ADAS à la fiabilité questionnable.

Autres preuves s’il en faut que le sujet interroge et doit être pris très au sérieux : il dépasse largement le cadre de nos frontières. « Les tests quotidiens du TCS, ainsi que les réactions de nos membres, démontrent clairement que les systèmes ne sont pas encore à la hauteur des attentes », affirmait par exemple en juillet 2024 cet équivalent suisse de l’Automobile Club. Aux États-Unis — où la réglementation peut être différente —, des cas de défaillances ayant conduit à des accidents graves, voire mortels, ont également été largement rapportés par la presse.

Bernard Jullien, expert et chroniqueur pour le média professionnel Autoactu, dénonce quant à lui des tests bâclés pour des raisons de coûts. S’il admet que « le bilan [de ces ADAS] est globalement positif » en termes de sécurité, il affirme aussi dans un article (accès payant) du 1er septembre 2025 que « pour gagner du temps et de l’argent et ne pas trop obérer ses marges et/ou faire payer trop cher aux consommateurs ce suréquipement, chez les constructeurs, on limite les tests, on fait confiance aux modèles numériques, on fait le gros dos et/ou la sourde oreille lorsque surviennent des problèmes. »

Enfin, l’EuroNCAP, organisme qui réalise les crash-tests référents en Europe et qui va se doter de nouveaux protocoles pour mieux évaluer la fiabilité des ADAS, enfonce le clou. Cité par le média Frandroid, il souligne que « lorsque les systèmes ne sont pas correctement conçus ou se comportent de manière imprévisible, les conducteurs cessent de s’en servir et tous les bénéfices potentiels pour la sécurité sont perdus. » On a donc d’un côté des constructeurs et équipementiers qui ne voient aucune raison de mettre en cause la fiabilité des ADAS et, de l’autre, des professionnels et même l’organisme qui se charge des crash-tests qui ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur les effets anxiogènes et contre-productifs de ces dispositifs d’évidence faillibles.

En attendant, c’est le conducteur qui ne sait plus à quelle ADAS se vouer !

À la LDC, nous considérons que toute la lumière doit être faite sur ce sujet qui implique directement la sécurité de tous les usagers de la route. Il ne serait en effet pas concevable que des systèmes automatisés imposés par la réglementation puissent faire l’objet de défauts allant jusqu’à créer l’effet inverse à celui qui est recherché. C’est pourquoi nous demandons :

UN CADRE LÉGAL STRICT

  • Une information sincère et obligatoire des constructeurs quant aux limites techniques des systèmes ADAS installés à bord de leurs véhicules, détaillant à l’aide d’une fiche standardisée les champs d’intervention des dispositifs ;
  • Une information écrite sur les moyens pour les conducteurs de désactiver les assistances qu’ils ne souhaitent pas utiliser ;
  • Une sanction systématique des publicités trompeuses qui vanteraient une potentielle infaillibilité des systèmes automatisés d’aide à la conduite ;
  • La clarification de la responsabilité civile et pénale. Nous considérons qu’en l’état actuel des textes, ces dispositifs pourraient laisser penser aux conducteurs qu’ils ne sont pas responsables du comportement de leur automobile alors qu’ils se trouvent au volant.
  • L’abrogation de l’activation par défaut de toutes les ADAS au démarrage de l’auto. Nous considérons qu’un conducteur responsable doit savoir exactement comment peut se comporter son véhicule en cas de danger. Il doit donc pouvoir choisir volontairement les dispositifs d’assistance qu’il souhaite activer, et non se les voir imposer.
    À ce titre, il est important de souligner que, déjà, à la demande de leurs clients, certains constructeurs ont ajouté à bord de leurs voitures un bouton de raccourci permettant de n’activer rapidement que les aides volontairement souhaitées par le conducteur. C’est par exemple le cas de certains nouveaux véhicules de marque Renault, Dacia, Nissan et d’autres encore.
    On en arrive donc à une situation où, en plus de devoir reporter sur la facture du client des dispositifs qui enchérissent sensiblement le prix des autos (de 500 à 1 500 euros selon le type de véhicule, d’après nos estimations), il faut également ajouter le prix d’un bouton supplémentaire — et donc coûteux — pour pouvoir se passer de ces « aides » !

DES CONTRÔLES INDÉPENDANTS RÉGULIERS

  • Nous demandons qu’un organisme indépendant, UTAC (l’organisme qui valide la conformité des nouveaux modèles) ou autre, puisse tester n’importe quel véhicule dans des conditions de roulage représentatives de la circulation réelle, de manière à évaluer les éventuelles conditions de mise en défaut des ADAS.
  • Nous demandons également la création d’une base de données de cas clients circonstanciés. Elle permettrait de remonter les différents cas de problème rencontrés de sorte que tous les retours d’expérience utilisateurs puissent faire l’objet de croisements.
  • Pour les mêmes raisons, nous demandons que les équipementiers tiennent à disposition des autorités une base de données normalisée détaillant les circonstances et les résultats des tests effectués pour tout nouveau dispositif, matériel ou logiciel, d’aide à la conduite avant sa mise sur le marché.

UNE MEILLEURE IMPLICATION DU CONDUCTEUR DANS LA RÉGULATION

  • Nous demandons que toute mise à jour logicielle ou matérielle d’un véhicule fasse l’objet d’une information détaillée au conducteur, quant à ce qu’elle améliore ou corrige par rapport à la version déjà installée.
  • À l’image de la plateforme rappel conso (rappel.conso.gouv.fr), nous demandons que soit créé un registre national des incidents, avec obligation pour les constructeurs et/ou équipementier d’y apporter une réponse sous 30 jours.
  • Nous demandons que soit rédigé par la Sécurité routière un rapport annuel et public sur les cas d’ADAS ayant été mises en cause dans des incidents.

Plus que jamais, alors que la réglementation se durcit au point d’enchérir de manière difficilement supportable le prix des automobiles, il est inconcevable que les conducteurs ne puissent pas se fier à ces dispositifs qu’on leur impose et qui leur coûte cher. Encore un nouveau combat pour la LDC, qui vient de lancer la pétition « Refusons d’être mis sous contrôle et mis en danger par notre voiture ! » N’hésitez pas à la signer et à la diffuser autour de vous. Ça nous aidera beaucoup !

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