Stop au tout radar  : il est temps de se préoccuper de l’état des routes !

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Depuis plus de vingt ans, la Sécurité routière explique la baisse de la mortalité routière par sa traque implacable de la vitesse, via les radars automatiques. Pourtant, les chiffres ne changent quasiment plus depuis une décennie… Aujourd’hui, c’est une étude plus qu’officielle qui confirme la très relative efficacité de ces dispositifs. L’occasion pour notre association de relancer une pétition « Stop aux radars » et de rappeler que l’urgence, c’est d’entretenir notre réseau routier.

Lors de notre colloque organisé à l’Assemblée nationale en mars 2024, intitulé « 3 500 morts par an sur les routes depuis dix ans : et maintenant on fait quoi ? », nous le rappelions déjà : la politique de sécurité routière ne peut pas se limiter presque exclusivement à la répression automatisée de la vitesse. D’autres pistes existent et ont fait leurs preuves : énormes progrès de sécurité active et passive des voitures, efficacité des secours pour prendre en charge les blessés, entretien des routes, formation à la conduite et apprentissage du partage de la chaussée pour tous les usagers, police des routes…

Pourtant, ce sont toujours les radars qui reviennent sur le devant de la scène. Mais cette fois, c’est pour la bonne cause. En effet, des travaux scientifiques récents viennent enfin remettre l’église au centre du village. L’étude PDSR – Politiques Départementales de Sécurité Routière, menée par le Cerema et l’Université Gustave Eiffel, analyse finement les causes de la mortalité sur le réseau départemental, là où se concentrent près de 60 % des décès routiers en France.

Des données implacables

Or, elle n’entend pas trancher selon une idéologie, mais selon les données. Et ce qu’elle montre est plus nuancé – et plus dérangeant peut-être – que ce que le débat public veut bien admettre. À la Ligue de Défense des Conducteurs, nous avons épluché ce très gros travail et sommes en mesure d’affirmer que, entre ses lignes, ses conclusions sont moins confortables que ne le sont les discours resservis inlassablement quant au rôle joué par les radars dans la baisse de la mortalité routière.

Selon cette étude, si ces dispositifs de contrôle automatisé contribuent à la baisse de la mortalité routière, leur effet se limite aujourd’hui à 1 à 2 % de décès en moins par an sur les routes départementales. On est bien loin des premières années (à partir de fin 2003, année de « naissance » des premiers radars automatiques) où leur efficacité, toujours selon cette étude, pouvait atteindre 10 à 20 % de victimes épargnées.

Autrement dit, le radar est un outil qui peut être utile, mais il est structurellement limité. Il ne rend pas miraculeusement sûre une infrastructure potentiellement dangereuse, ne compense pas une route mal conçue, mal entretenue ou une signalisation incohérente. Pourtant, les pouvoirs publics ne jurent que par ce moyen répressif au prétexte de la baisse de la mortalité. C’est nous prendre pour des pigeons !

L’éléphant au milieu de la chaussée : l’état du réseau routier

C’est ici que l’étude devient franchement intéressante. Car si elle ne mesure pas l’état du parc automobile, elle analyse en profondeur l’état, la structure et l’équipement du réseau routier départemental. Or, son constat est sans appel. Elle rappelle d’abord un chiffre : « Le facteur infrastructurel est présent dans environ un tiers des accidents mortels ».

Oui, vous avez bien lu. Cela signifie que dans au moins un accident mortel sur trois, la route elle-même joue un rôle (30 % précisément, si l’on en croit l’étude FLAM publiée par l’Observatoire national de la Sécurité routière) : tracé dangereux, virage peu lisible, obstacle latéral non protégé, chaussée dégradée, signalisation déficiente… Et ce n’est pas un radar qui changera miraculeusement cela !

Ce que crient donc tous les chiffres, c’est qu’investir dans les routes sauve plus de vies que multiplier les radars.Car l’étude PDSR va plus loin que beaucoup de rapports, puisqu’elle quantifie l’impact des investissements routiers. Et les résultats ne souffrent d’aucune ambiguïté. Les investissements en infrastructures routières ont un effet différencié plus marqué que les dispositifs de contrôle automatisé, affirment ainsi les auteurs.

Mieux encore, en s’appuyant sur la littérature scientifique internationale, l’étude estime que ces investissements contribuent à une baisse annuelle de 5 à 7 % des accidents mortels sur les routes départementales. 

Résumons : selon l’étude, les radars automatiques permettent d’éviter 1 à 2 % de morts sur les routes par an, les infrastructures 5 à 7 %. Autrement dit, ce qui fait vraiment la différence entre les territoires, ce sont les routes, leur conception, leur entretien et leur capacité à pardonner l’erreur.

Il est donc plus que temps de sonner la fin du tout radar, ce d’autant plus que comme nous l’avons déjà démontré à la LDC, l’argent de leurs recettes tend à être noyé dans un grand nombre d’actions, mais très peu dédié à la sécurité routière, alors que c’était l’objectif initial.

C’est pourquoi nous vous engageons à signer notre pétition « Stop aux radars », qui demande expressément « l’arrêt de la politique de répression automatisée par les radars et la diminution programmée du nombre d’équipements, pour revenir à une politique de sécurité routière qui se préoccupe vraiment de sauver des vies. Pour la signer, c’est par ici.

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