Paris, le 25 mars 2025 – Interdire l’accès aux métropoles aux Français trop pauvres pour changer de voiture, voilà l’inacceptable conséquence de l’application trop précipitée du calendrier des Zones à faibles émissions. Le moratoire de cinq ans demandé par la députée de la Loire Sylvie Bonnet, dans sa proposition de loi cosignée par une cinquantaine de députés, va dans la bonne direction pour éviter cette injustice sociale.
Le calendrier d’application des Zones à faibles émissions (ZFE) se révèle « inobservable car en décalage avec la capacité financière de millions d’automobilistes de remplacer leur véhicule ne répondant pas aux normes antipollution les plus récentes, en conséquence devenu indésirable dans ces métropoles ». Cet extrait de l’exposé des motifs, qui précède la proposition de loi de la députée de la Loire Sylvie Bonnet et du député du Rhône Alexandre Portier, demandant la suspension de cette mesure pour cinq ans, pointe du doigt l’injustice sociale engendrée par les ZFE, que la Ligue de Défense des Conducteurs dénonce avec force depuis des années.
Cosignée par cinquante députés issus de cinq groupes politiques (Droite Républicaine, Les Démocrates, LIOT, Horizons et Ensemble pour la République), ce qui n’est pas courant, cette proposition exposée dans les détails lors d’une conférence de presse, le 25 mars 2025 à l’Assemblée nationale, est avant tout pleine de bon sens. Car c’est bel et bien à la vaste mobilisation d’une population indignée qu’il faudra s’attendre si, à compter de 2026 comme la plupart des ZFE l’annoncent – donc à quelques mois des élections municipales –, les contraventions pour non-respect des restrictions de circulation commencent à s’abattre sur des conducteurs au budget déjà contraint. Ne tournons pas autour du pot : avec ces PV, la pauvreté est en passe de devenir un délit.
Concrètement, aujourd’hui, plus de 11 millions de conducteurs, possédant un véhicule à vignette Crit’Air 3 ou plus, c’est-à-dire immatriculé avant 2006 (essence) ou 2011 (diesel) ne sont plus les bienvenus dans les métropoles de Paris, Lyon, Grenoble et Montpellier. Dans celles de Marseille, Reims, Rouen ou Strasbourg, moins restrictives, ils sont tout de même déjà 3,7 millions. Parmi eux, 1,8 million sont directement concernés au quotidien, car leurs voitures et utilitaires à l’obsolescence « administrativement programmée » sont immatriculés dans ces métropoles. Dûment homologués lors de leur sortie, leur contrôle technique avec points antipollution passés avec succès en poche, ces véhicules en parfait ordre de marche sont pourtant désormais rejetés par les Zones à faibles émissions. Pire, selon un calcul que notre association a effectué début 2025, nous avons estimé que près d’un demi-million de salariés pourraient perdre leur emploi faute de pouvoir changer leur vieille voiture contre une plus récente.
Suspendre le calendrier d’application des ZFE pendant cinq ans donnera le temps au parc automobile de se renouveler et à la qualité de l’air dans les villes de continuer à s’améliorer comme c’est le cas depuis des années, rendant ces dispositifs d’exclusion caducs. C’est pourquoi la Ligue de Défense des Conducteurs attend de Madame Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, inscrive à l’ordre du jour d’une prochaine session d’initiative parlementaire la proposition de loi de Madame Sylvie Bonnet et de Monsieur Alexandre Portier.
Pour aller plus loin :
- Notre communiqué de presse du 12 janvier 2025 détaillant notre méthode de calcul pour estimer à un demi-million le nombre de conducteurs qui pourraient perdre leur emploi à cause des ZFE.
- Notre « carte de France des ZFE »
- Notre étude « ZFE : la grande cacophonie » publiée en 2021
- Notre manifeste « Sortir du dogme anti-voiture » publié en 2022
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter :
Contact presse
Ligue de Défense des Conducteurs, Alexandra Legendre : 06 37 85 26 06
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.